En terre inconnue, appelez-moi Miss!

En terre inconnue, appelez-moi Miss!

Parfois les plans changent. J’aime ça. C’est la surprise. C’est excitant. Surtout quand les mésaventures se succèdent et qu’à la fin tu te dis : ça valait la peine quand même…

Dans mon plan, il y a la découverte de fermes en permaculture via le volontariat. Quelques heures de travail par jour contre le gite et le couvert. Good deal ! L’Indonésie n’était pas sur l’itinéraire de Myterrehappy. Mais la lecture de quelques lignes en ligne peu tout changer. Un projet Sur l’ile de Sumatra. Je suis draguée par cette micro ferme en permaculture, son centre éducatif et le projet de développement d’un lieu d’éco-tourisme. Je suis séduite !

Et voilà comment Je me rends en Indonésie, mais loin, très loin de Bali (où j’irai un jour !) C’est donc un billet pour Medan, principale ville de Sumatra que je vais prendre.

Je quitte la Thaïlande le 9 janvier, le cœur gros comme ça… et là je ne sais pas encore que c’est le début de l’aventure en terre inconnue !

 

Arrivée à l’aéroport de Chiangmai. Jusque là tout va bien. Je fais la queue au guichet air asia. A mon tour. « ah mais non mademoiselle, ici c’est les vols domestiques. Les vols internationaux c’est là bas ». Merci ! Et on recommence !

Au bon guichet. « Avez-vous un billet pour sortir du territoire indonésien mademoiselle ? » Eh bien non. Disons que je ne sais pas encore où et quand je vais ressortir. Eh bien figurez vous que pour entrer en Indonésie il faut avoir réservé son billet de sortie !

Opération « help me my lovely smartphone ».

Solution la plus économique dans mon cas de grande incertitude, réservation d’un billet de ferry qui relie l’Indonésie, Balam, et Singapour. 26 dollards, Allez ! Et voilà comment j’ai enfin pu monter dans mon avion J

Et c’était vrai ! J’ai bien du montrer ma réservation de ferry au douanier qui a tamponné mon passeport à l’arrivée à Medan.

 

Première claque. Elle est à 31°C. Taux d’humidité au max.

Deuxième claque. « Miss, where are your from ? How are you ? where a you going ? »

Oaouww ouaouwww ! Qui me parle ?? tout le monde ! Je suis passée du statut de « quelqu’un » à « attraction » !

Eru, qui va m’accueillir dans sa micro ferme dans quelques jours m’avait prévenu : « you will be a rock star here ! »

C’est donc en tant que Rock star que je vais découvrir Medan, capitale de la région de Sumatra.

Alors, Medan, comment dire… c’est… chaud (trop !), ça sent pas bon (autant que ma chambre d’hotel sans fenêtre au parfum « brise rat crevé » (ok, j’exagère un peu… si peu…), c’est bruyant (m’avaient manqué les klaxons…). Premier jour à découvrir mon « quartier », je risque ma vie à chaque coin de rue. Ca file à vive allure. Pas de place pour les piétons ici. Et ça se voit. Pas de trottoir. Alors tu pries pour ne pas te faire faucher par un bus, un beja (c’est le tuc tuc local), un gros 4×4 ou encore un tas d’ORNI (objets roulants non identifiés).

Le contrepartie de cette ambiance pesante, la population me donne le sourire ! Je n’ai pas compté combien de poignées de main j’ai serré. « Hey miss, where are you from ? ».

On m’invite à jouer au domino sur le trottoir. On arrête les voitures pour me permettre de traverser les routes de la mort de la ville. Ca a l’air génial hein ?

Ouai, sauf qu’après 2 jours comme ça, t’en peu plus des poignées de main, des regards insistants, de répéter la même chose 1000 fois : « I’m from France ».

Et puis, je suis une fille qui voyage seule. Alors quand une fille qui voyage seule traverse « la rue aux milliards de regards » (oui c’est comme ça que je l’ai appelée…), elle feel pas super bien… Pour trouver des trottoirs ou des endroits pas trop suicidaires pour marcher, je cherche des rues plus petites. Voilà comment j’arrive dans le quartier des garages à scooters. Imaginez le décort : à gauche, à droite, se suivent des mini garages où jeunes gens exclusivement de la gente masculine, s’affairent à bricoler leur bécane depuis le trottoir (toujours pas de trottoir pour moi donc), clope au bec,  ils sont comme des milliards de cheminées à me regarder, à me fixer, à m’appeler « hey miss », encore et encore. Je dois m’avouer vaincue cette fois-ci. Je ne sais pas si je dois fuir leur regard, fuir tout court, sourire, ou pas, comment réagir. Je ne pense pas avoir ressenti un sentiment d’insécurité. C’est autre chose. Ce sont les regards qui te rappellent que tu es différente et que nos deux mondes ne se croisent pas souvent en vrai. Claquer des doigts et sentir le parfum d’ambiance « rat crevé » de ma chambre, c’est tout ce que je souhaite à ce moment là… Mais avant d’atteindre mon but, il me faudra traverser « la rue des ferrailleurs ». Une autre…Mais celle-là efface mon inconfort. Les sourires sont bienveillants. Ils appellent mon appareil photo. Ils prennent la pose et espèrent finir dans un « magasine in america ».  Sorry guys, vous finirez seulement sur le blog de Myterrehappy.

 

Après quelques mois de voyage, la voilà. La voilà ma terre inconnue. Première fois d’un sentiment de déséquilibre. De ne pas savoir comment faire, comment agir. Première fois très loin de partenaires de voyages. Parce que oui, j’ai beau chercher, j’ai beau regarder, à l’horizon, il n’y a que Miss Myterrehappy !

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