Sibolga, dans mon cœur maintenant, il y a aussi toi

Sibolga, dans mon cœur maintenant, il y a aussi toi

Bye Medan, cap sur Natal. C’est là où je comte passer quelques semaines dans une ferme en permaculture en tant que volontaire.

Première escale : lac Toba au centre de Sumatra. 5h de route. 2 jours de sérénité, où j’ai troqué les klaxons contre un joli balcon et quelques escapades à scooter.

Depuis le lac, d’après la carte de l’ile, je devrais en avoir pour 8 heures à rejoindre Natal sur la côte ouest de l’ile.

Dimanche 15 janvier, c’est parti pour la route. Je me rends donc au port pour trouver un bus. L’unique agent local qui organise les voyages vient très vite me proposer ses services. « Alors Miss, pour aller à Natal, il va falloir changer de mini bus à Sibolga. 5h de route pour Sibolga. Ensuite de Sibolga, il doit rester 3h de route pour Natal ».

Let’s go ! Mini van en pas trop mauvais état avec à son volant un chauffeur pas trop crazy J

La route est belle. Plaines, rizières, villages et puis Sibolga. A ma grande surprise, cette petite ville est pas si mal. Bien plus agréable que Medan ! Rien à voir. Ca doit être une petite ville côtière prisée des locaux avec plages et noix de coco.

Destination atteinte. On arrive à la station de bus vers 16h. « Miss, miss, miss, where are you going ?? ». Très vite je comprends que le prochain bus pour Natal est le lendemain matin…

Well, c’est un signe ! Dans le bus en arrivant, j’ai aperçu un village de pêcheur dont les maisons sont construites sur pilotis. Je me trouve une chambre d’hôtel « grand luxe » à deux pas de la station de bus. Définition de « grand luxe » à 14 euros la nuit : chambre borgne, pas de douche, juste, comme souvent en Asie, un grand bac bétonné rempli d’eau avec un petit seau, pas de draps, trous de clopes ou de je sais pas quoi sur le matelas…

Je trouve un Beja (objet roulant non identifié, encore) dont le driver joue aussi le rôle de guide touristique. Qu’il est fier de balader la petite frenchie dans sa ville. Après de nombreux stop selfie, nous arrivons enfin dans le village de pêcheurs. D’étroits chemins bétonnés filent depuis la route principale en direction de l’océan. Encore une fois, je me retrouve sous les feux des projecteurs. 3, 2, 1, ça tourne ! Mon bodyguard m’ouvre la route. C’est comme emprunter les podiums d’un défilé de mode.

J’ai des yeux collés sur tout mon corps depuis 1 semaine. Je ne pensais pas pouvoir en supporter plus, mais ceux-là sont différents que ceux de la ville. 100% bienveillants.

Les yeux que j’ai collés dans le dos me permettent de voir les nombreuses têtes qui se faufilent dans l’embrasures des fenêtres sur mon passage. Leurs visages me disent « mais qu’est ce qu’elle fait là ?? »

En passant devant « le bar », je rencontre BapaAndré, unique villageois parlant anglais. Il m’invite à sa table, et très vite à celle de tout le village qui s’est invité ! Il m’explique que je suis la deuxième touriste à être venue se perdre ici. Il me parle de sa vie de pêcheur pas facile, avec un océan qui se vide de poissons. A côté de moi, le jeune « Albert » tente de baragouiner anglais. Il me demande en mariage en me proposant à manger et à boire. J’accepte sa main devant le coucher de soleil sur la jetée avec le village entier comme témoin J

J’ai pas envie de partir. BapaAndré m’invite à diner dans son humble demeure. Je rencontre son adorable femme, MamaAndré, et ses 3 enfants. L’unique morceau de poisson est pour moi… ça sera riz et pâtes lyophilisées pour eux. J’accepte leur générosité en tentant de partager, sans succès….

On parle, on rit, on se promet de se revoir. BapaAndré veut m’emmener en mer sur sa barque.

J’aurais été bien mieux ici, dans leur petite maison en bois sur pilotis, que dans ma chambre d’hôtel miteuse que j’ai dû finir par rejoindre.

J’ai du mal à trouver le sommeil. Je ne réalise pas vraiment tout ce qui vient de m’arriver.

Je sens que j’ai perdu un morceau de cœur, encore. Mais le vide, je l’ai comblé.

Sibolga, dans mon cœur maintenant, il y a aussi toi.

 

 

 

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