Saujana

Saujana

Je viens de passer 12h de route dans un mini van qui compte 9 places. Règles de calcul quelques peu différentes ici étant donné que 16 paires de fesses ont trouvées place à bord du carrosse !! Je ne sais pas quel Dieu j’ai prié, mais j’ai prié, beaucoup, au minimum 12h ! Le chauffeur, dans sa benz, chemise et fenêtre ouverte, chaines en or qui brille… et musique à donf’ doit être un pilote de rallye recyclé en taxi driver. Et ce n’est pas un van au fait, c’est une boite de nuit ambulante ! Au dernier rang, un énorme caisson de basse est installé dans mon dos et finira par me filer une migraine carabinée. Et les odeurs ! Celles de la rue. On en a traversé des villages, des marchés. Et les odeurs dans la voiture. Cœurs sensibles s’abstenir : je ne sais comment, mais j’ai été la seule, avec le chauffeur, à ne pas être malade. Dans la rangée devant moi, une famille entière prise de vomito ! La maman malade qui vomit sur son petit garçon, qui lui-même se vomit dessus. 3 paires de fesses à ma gauche, le long de la fenêtre, un grand père crache ses glaires. Il va pas finir en vie Papi, il va claquer avant !

Allez, je referme la parenthèse J  C’était pour vous partager un peu d’authenticité.

 

Mes prières ont été entendues ! 12h après, j’arrive devant la ferme de Natal où mon ami Eru m’accueille. Il est 21h, il fait nuit. Je ne verrais pas grand-chose ce soir.

Mais qu’est ce que tu fous Leelou ?? Eh bien j’ai juste choisi de partir loin, très loin des sentiers touristiques. Gagné ! Je trouve refuge chez Eru, dans sa ferme, où je me porte volontaire pour je sais pas combien de temps.

Le premier réveil est doux. J’ouvre les yeux sur un jardin magnifique. La maison est simple. Une pièce principale, une chambre, un pièce d’eau. Dans cette dernière tu laves la vaisselle, ton linge, tu vas au toilettes, tu te douche « à la bucket », et surtout tu évites de tomber dans le puit qui te sert à puiser l’eau ! Première pour moi. J’adore !

Dans la pièce principale, tu cuisines, tu te reposes, tu installes ton bureau pour travailler. Aucun meuble. Tout se fait au sol. Je prends vite mes marques dans cet endroit que je vais très vite aimer. A l’entrée de la maison, une terrasse couverte. C’est le lieu de rencontre. Celui où les étudiants du lycée voisin et les enfants du village viennent pratiquer leur anglais.

Le matin, on travaille dans la ferme. J’apprends à collecter les cacahuètes, à les planter, à faire des boutures de fleurs. L’après-midi, je suis impatiente de recevoir les enfants du village pour leur apprendre les fondamentaux de l’anglais. Je les adopte en 2 secondes surtout après les entendre me chanter « happy birthday to you leelou ! » (Cf. article « mon voyage en terre inconnue : concerto en amour majeur »)

Eru, Eru, Eru… Il a 30 ans. A étudié l’agriculture et a des idées et des convictions plein la tête. Je partage ses idées. Il en est heureux. Il se sent seul avec ses idées. Elles sont bien différentes de celles d’ici. C’est un militant. Il veut se battre contre la société de consommation qui sévit ici aussi. Contre les multinationales qui dégomment la mangrove jusqu’à la plage et qui pillent les océans. Il veut réapprendre à sa terre comment c’était bien avant sans la chimie et le plastique dans les assiettes.

Eru reçoit des volontaires via le site internet www.workaway.com depuis 3 ans. Une vingtaine de personnes sont venue participer à la construction de la ferme. La connexion entre les visiteurs et les locaux est une vraie réussite ! Alors Eru souhaite développer un réel Eco lieux avec des petites cabanes en bois et bambou pour les recevoir et leur permettre de vivre une expérience authentique, hors des sentiers battus, au cœur de l’Indonésie, la vraie.

 

Alors comme je crois en lui, je veux l’aider. Je veux l’aider à trouver l’argent nécessaire à son projet. Très vite, je me mets à travailler le matin sur ce projet. Il faut détailler le projet, imaginer le plan de la ferme, déterminer les couts. On travaille à a réalisation d’une vidéo de présentation du projet qu’on compte bien utiliser pour faire la promotion de la campagne de crouwdfundnig que nous allons créer.

La quoi ? Crouwdfnding comme recherche de fonds participatifs. Toi, moi, nous, vous, tout le monde peut décider de soutenir financièrement un projet comme celui là. On choisit la plate forme internet www.wethetrees.com. On lance la campagne le 2 février. Et le 2 avril on atteint l’objectif visé, soit 4500 euros. Victoire ! On utilise les réseaux sociaux, FB, pour parler du projet. C’était dur, très dur. Dur de voir le désintérêt quasi général. Ca me rend malade. Je ne peux pas comprendre notre égoïsme. C’est chacun pour sa gueule.

Sauf pour quelques-uns qui dessinent avec moi de nouvelles lignes. Ma famille, mes amis, ont été d’un si grand soutien.

Je me suis rarement sentie aussi utile dans ma vie. Je me sens l’âme d’un Robin des Bois. Comme si j’avais eu le pouvoir de mieux répartir les richesses. D’en ramener un peu là où il n’y en a pas tant.

Alors voilà, dans quelques temps, à Natal, il y aura quelques places pour vous accueillir. Attention, préparez-vous, la terre inconnue, ça fait « wouaouwwwww ». Elle s’appelle Saujana.

Natal, il a fallu que je te quitte. Je reviendrais. Je reviendrais passer du temps avec vous, Nayla, Aura, Arsat, Guilang, Dira, Adam, Irsat…. Je reviendrais faire du bateau avec Maulida. Je reviendrais aller à la pêche au crabe de rivière et de nuit. Je reviendrais visiter tes plages. Je reviendrais chanter an anglais avec les étudiants du lycée. Je reviendrais planter des peanuts dans le jardin. Je reviendrais manger du « lontong » au petit dej’. Chanter avec vos guitares toute la nuit. Je reviendrais…

 

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