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Auteur : Leelou

TAO Experience…now I wanna be an islander…

TAO Experience…now I wanna be an islander…

Il y a de ces expériences qui vous transporte dans un autre monde. Attention, après ces quelques lignes, et ces images, vous ressentirez une attraction incontournable pour cette expérience…hors du commun.

La vie sur les îles. Qui n’en a pas déjà rêvé ?

Aux Philippines, je me paye le luxe d’essayer. Vivre entre terre et mer pendant 5 jours. Un capitaine. Un bateau. Du bleu, du bleu, du bleu. Le Rdv est fixé à Coron, sur les îles de Palawan. A peine arrivée sur cette île, après 13h de ferry, je me sens transportée dans un autre monde.

J’habite une petite guesthouse en bois construite sur l’eau. Cristal hostel. Pour y accéder, tu traverses la mangrove sur une passerelle en bois. Il y a des baraques en vrac. Séquelles du dernier cyclone qui a ravagé l’endroit en 2014. Ma chambre penche (mais vraiment !) Je prie pour que le plancher ne m’emporte pas dans les bas fonds de l’océan durant la nuit.

Je me délecte de ce parfum des îles que j’attendais tant. Encore un dodo et je partirai sur mon bateau…

Réveil impatient. J’y suis. Sac embarqué sur mon tricycle (oui, on dit tricycle aux Philippines et pas tuctuc) je file à l’embarcadère. Je retrouve les 23 autres personnes avec qui je vais partager la prochaine semaine et je fais connaissance avec les 8 membres de l’équipage.

Ca peut paraitre beaucoup de monde, mais ça sera un nombre parfait au final.

Le bateau est là. Bateau de pêcheurs transformé pour nous recevoir en « croisière ». Il est magnifique. 2 ponts, un espace couvert, le rooftop, la cuisine à l’arrière et la proue qui sera un de mes endroits favori de la semaine.

Bo Joy ! C’est la responsable de l’équipage. Petit bout de femme au caractère bien trempé. Elle est secondée par Dong, un garçon génial. Il y a évidemment le cap’tain et son mécano, John. Et puis il y a mes chouchous : en cuisine John, Rejay et Marc, sur le pont, Ike. Tous, vont faire de ces jours un rêve éveillé. L’ambiance du bateau se crée. Nous partons mousaillons ! Le cap est donné sur un premier petit paradis, histoire de nous plonger dans le grand bain.

J’ai fait un peu de snorkelling avant (plongée masque-tubas) mais pas beaucoup. J’avais hâte de voir les couleurs du grand bleu de mes propres yeux. Ma première plongée aurait pu rimer avec pleurer. Vous n’imaginez pas, et pourtant. C’est juste là. Sous le pont, il y a un monde  constant d’arc en ciel. Les couleurs sont omniprésentes. Végétales, animales, elles m’encombrent les yeux. Je ne veux plus remonter. Je vais jouir de ce bonheur sous marin tous les prochains jours et me gaver de sel. Encore, encore, encore.

Premier déjeuner servis sur le pont. Pfffff !!!! On ose pas toucher tellement c’est beau. Ya Pas plus frais. Les poissons sont « pêchés minute » ou presque. Je mange avec les doigts, comme là-bas. J’adore ça ! Il me suffit de quelques heures sur ce « bois flotter » pour me sentir comme lui. Doux, fort, libre, flotter…

On accoste. Les nuits se font sur des îles où TAO a construit des campements. Mais alors attention, il y a campement et campement ! Tout est pensé ici. Pas un détail n’est laissé au hasard et pourtant c’est d’une simplicité parfaite. Les cabanes sont en bois et en bambou, sur la plage, à la limite des vagues.

On fête cette première journée et notre premier coucher de soleil totalement indécent, incandescent que nous finirons par réussir à éteindre à coup de gorgées de « jungle juice ».

Premier réveil. Il est donné par le soleil.

Il entre sans frapper par le voile de ma chambre.

Il a réveillé les vagues. Elles chantent déjà. Je les rejoins. L’équipage est « sur le pont », enfin sur la plage. John redescend de son cocotier où il est déjà allé récolter le précieux fruit.

Dong nous prépare une table aux mille couleurs. Coco, papaya, mango, ananas… la table est riche et sens bon le café.

C’est rien que pour les lèves tôt, ou presque. Un peu de force pour aller flâner sur la plage, mon café à la main, regarder le monde se réveiller. Laisser les vagues m’approcher, me chatouiller. Le réveil rêvé.

Le réveil douceur laisse place à notre joyeuse tablée qui déjà est heureuse de se retrouver. John annonce le petit déjeuner. Bojoy et Dong managent le briefing et nous donne le cap du jour et la règle d’or : « pas de stress, laissez-vous aller porter par le flow des islander ».

TAO c’est ça. C’est un flow, une philosophie, un art de vivre. Un peu de magie avec Ike pour animer nos soirées, quelques notes de karaoké bien trempées au jungle juice (encore), des jeux de cartes nocturnes, des danses endiablées sur le sable. TAO est sur la terre. TAO est dans la mer.

L’histoire a commencé il y a une dizaine d’année quand 2 amis s’achètent un bateau pour découvrir les îles perdues de Palawan. Généreux, ils n’imaginent qu’une chose, partager ces fantastiques paysages, mais pas n’importe comment. Leur démarche est responsable. Ils vont ainsi proposer des expéditions où on se sentira jouir d’un morceau du monde un peu comme un privilégié. Leur recette intègre la population locale avec qui ils construisent les campements. Ils subventionnent diverses associations, en particulier certaine qui permettent aux femmes de travailler et de développer leur activité.

Ils construisent aussi leur « base camp ». Là-bas, chaque nouvel islander est formé avant de devenir mousaillon. Ils aident de jeunes garçons, parfois un peu en rupture avec la société, à retrouver leur place. Lorsque les islander ne sont pas en mer, ils vivent au base camp et sont cuisiniers ou jardiniers ! TAO a développé depuis 5 années une ferme en permaculture. Ils fournissent 30% de l’alimentation des bateaux et visent 80%. Leur démarche est un écosystème qui marche et qui ne laisse rien au hasard.

40% des bénéfices des expéditions TAO sont reversées à des œuvres associatives.

 

Vous imaginez ma joie d’avoir contribué à cela !

Je ne peux vous suggérer qu’une chose, si vous allez vous perdre à Palawan, rejoignez TAO Experience !

Mais attention, depuis…I wanna be an islander…

 

 

 

J+180, liberté

J+180, liberté

6 mois. Ça parait beaucoup. Ça parait peu. Ça me parait long et court en même temps.

6 mois que j’ai quitté vos visages, mes habitudes, mon balcon, mes chaussures, mon travail, mon confort, ma vie d’avant.

Le bilan ? Il y a tant à dire.

Commençons par le monde, mon nouvel ami que je découvre un peu plus chaque jour. Eh bien, je l’aime. Il me comble de bonheur. Mais ce bonheur je le mesure grâce à ces moments difficiles que vous m’aviez prédit. Ils sont toujours là, et heureusement.

Tantôt sous le soleil tantôt les pieds dans la gadoue, tantôt comme une fourmi dans une ville …, tantôt comme un papillon dans la jungle

Je me sens tellement privilégiée.

Je réveille une certaine colère en moi. Elle est le reflet du monde difficile. Injustices. Tristesse. Souffrance. Il y a tout ça aussi sur ma route. Je les observe, bien protégée au travers de mes lunettes de soleil et mon armure de money money money.

Ici, là-bas, je suis richissime.

 

Le plan A a changé, un peu. J’aime ça. Je me laisse porter par le flow, mes rencontres, mes découvertes. Je reste, je pars, je n’ai pas de limites que celles de la date de mon visa.

 

Ma recherche de modèles ? Elle est en cours ! Et elle me fait cogiter.

Ici les consciences sont encore endormies et laissent place au cauchemar des déchets sur lesquels je laisse mes traces de pas dans bien des endroits

Je rêve de les exterminer…

 

Dans un voyage comme ça, on se dit plein de fois « mais qu’est-ce que je pourrais faire ? ».

J’ai choisi de me faire un « plaisir responsable ».

Parce que oui, il y a des consciences, ici, qui sont réveillées. De petites parenthèse dans un polard noir. Elles portent un peu de lumière. Elles éclairent. J’ai contribué à leur marche dans ma prochaine aventure. Quelques billets contre un sentiment de liberté.

 

 

 

Rosario, je t’aime un peu

Rosario, je t’aime un peu

Les Philippines. Elles sont à mon plan depuis le début. J’y vais pour deux choses au départ. La permaculture et ses iles paradisiaques 🙂

Après ma rencontre avec Pascal et Christine lors de mon trek au myanmar, il y a eu une troisième raison : aller voir les rizières de Banaeue.

Je reviens d’un mois de volontariat en Indonésie. J’en suis encore un peu secouée. J’ai emmené les papillons que j’avais là-bas dans mon ventre. J’y ai laissé toutes mes larmes…

J’ai soif d’apprendre, encore. Alors je file à Rosario où m’attendent David, Carole et Kaira dans leur Happy Family Farm.

Je quitte Manille pour 5h de bus avant de retrouver la team de volontaires. Super accueil, forcément, aujourd’hui c’est barbecue sur la plage 🙂

Destin. Je rencontre Yvan et Tangui avec qui j’ai échangé par mail avant mon départ ! Ils sont tous deux en année de césure et sont Travelling farmers. Eux aussi découvrent les fermes du monde J

Dans des lieux de permaculture, on recherche à apprendre, mettre les mains dans la terre. Mais pour ma part, c’est aussi une philosophie que je recherche. Un art de vivre.

Il y a des lieux qui l’ont, d’autres pas. Je ne l’ai pas trouvé dans cet endroit. Je n’y suis restée qu’une semaine au lieu des 2 prévues au départ. Je n’ai pas beaucoup appris.

J’ai planté quelques aromatiques, collecté des algues dans l’océan pour en faire de l’engrais, enlevé la pollution plastique des algues séchées, coupé du bois, et voilà…

L’endroit est très joli. La ferme est située en haut d’une colline. La région est très aride. Ils ont beaucoup de mal à stocker l’eau. David nous a fait savoir que les résultats de la ferme ne sont pas positifs. Que leur manque d’eau est un vrai problème.

Du coup David continue son job de consultant et passe ses journées enfermé dans sa maison. Lorsqu’on l’aperçoit dehors, il dirige et donne des ordres. L’ambiance est lourde…

Je n’ai pas aimé le lieu, sa philosophie. Tout ne peut pas être parfait. Cet endroit n’est juste pas pour moi. En avant ! Voyons où vont me mener mes prochains pas.

 

 

 

Myanmar : Vihara collective

Myanmar : Vihara collective

Myanmar, octobre 2016,  I met my first farmer Adam in Bagan. He is the farmer for the Vihara Collective project. The project was founded by Damon Zumbroegel who has been travelling in Myanmar for 13 years.

« Vihara Collective is a group supporting dignity and hope in humans by providing the basic necessities of life……food, shelter, clothing, and medicine »

I spend one day at the farm with Adam. He explain me the projetc, show me the amazing farm and offerd me one of the most amazing sunset I ever had (thanks so much for that ;))

 

Adam try a lot of different technics to grow up fruits and vegetable. The last year the Vihara team build new bric beds. It helps to keep humidity around the seeds and it’s very nice 🙂

During my visit the team was just building the compost zone, in the middle of the garden of course !

 

Last novembre they received around 30 local farmers to show how agriculture can be do in an ecologic way.

 

Next ?

The owners decided to go step by step. Now is the time to improve the garden and show to local people than agriculture could be different, xithout chemicals.

The next step is to show the project to travellers as an eco touristic place. Accomodations will be build and the place should become volunteers to help them.

 

So keep in touch with Viharacollective amazing project !

Go and like the FB page to see the amazing pics of the farm : Vihara Collective

Saujana

Saujana

Je viens de passer 12h de route dans un mini van qui compte 9 places. Règles de calcul quelques peu différentes ici étant donné que 16 paires de fesses ont trouvées place à bord du carrosse !! Je ne sais pas quel Dieu j’ai prié, mais j’ai prié, beaucoup, au minimum 12h ! Le chauffeur, dans sa benz, chemise et fenêtre ouverte, chaines en or qui brille… et musique à donf’ doit être un pilote de rallye recyclé en taxi driver. Et ce n’est pas un van au fait, c’est une boite de nuit ambulante ! Au dernier rang, un énorme caisson de basse est installé dans mon dos et finira par me filer une migraine carabinée. Et les odeurs ! Celles de la rue. On en a traversé des villages, des marchés. Et les odeurs dans la voiture. Cœurs sensibles s’abstenir : je ne sais comment, mais j’ai été la seule, avec le chauffeur, à ne pas être malade. Dans la rangée devant moi, une famille entière prise de vomito ! La maman malade qui vomit sur son petit garçon, qui lui-même se vomit dessus. 3 paires de fesses à ma gauche, le long de la fenêtre, un grand père crache ses glaires. Il va pas finir en vie Papi, il va claquer avant !

Allez, je referme la parenthèse J  C’était pour vous partager un peu d’authenticité.

 

Mes prières ont été entendues ! 12h après, j’arrive devant la ferme de Natal où mon ami Eru m’accueille. Il est 21h, il fait nuit. Je ne verrais pas grand-chose ce soir.

Mais qu’est ce que tu fous Leelou ?? Eh bien j’ai juste choisi de partir loin, très loin des sentiers touristiques. Gagné ! Je trouve refuge chez Eru, dans sa ferme, où je me porte volontaire pour je sais pas combien de temps.

Le premier réveil est doux. J’ouvre les yeux sur un jardin magnifique. La maison est simple. Une pièce principale, une chambre, un pièce d’eau. Dans cette dernière tu laves la vaisselle, ton linge, tu vas au toilettes, tu te douche « à la bucket », et surtout tu évites de tomber dans le puit qui te sert à puiser l’eau ! Première pour moi. J’adore !

Dans la pièce principale, tu cuisines, tu te reposes, tu installes ton bureau pour travailler. Aucun meuble. Tout se fait au sol. Je prends vite mes marques dans cet endroit que je vais très vite aimer. A l’entrée de la maison, une terrasse couverte. C’est le lieu de rencontre. Celui où les étudiants du lycée voisin et les enfants du village viennent pratiquer leur anglais.

Le matin, on travaille dans la ferme. J’apprends à collecter les cacahuètes, à les planter, à faire des boutures de fleurs. L’après-midi, je suis impatiente de recevoir les enfants du village pour leur apprendre les fondamentaux de l’anglais. Je les adopte en 2 secondes surtout après les entendre me chanter « happy birthday to you leelou ! » (Cf. article « mon voyage en terre inconnue : concerto en amour majeur »)

Eru, Eru, Eru… Il a 30 ans. A étudié l’agriculture et a des idées et des convictions plein la tête. Je partage ses idées. Il en est heureux. Il se sent seul avec ses idées. Elles sont bien différentes de celles d’ici. C’est un militant. Il veut se battre contre la société de consommation qui sévit ici aussi. Contre les multinationales qui dégomment la mangrove jusqu’à la plage et qui pillent les océans. Il veut réapprendre à sa terre comment c’était bien avant sans la chimie et le plastique dans les assiettes.

Eru reçoit des volontaires via le site internet www.workaway.com depuis 3 ans. Une vingtaine de personnes sont venue participer à la construction de la ferme. La connexion entre les visiteurs et les locaux est une vraie réussite ! Alors Eru souhaite développer un réel Eco lieux avec des petites cabanes en bois et bambou pour les recevoir et leur permettre de vivre une expérience authentique, hors des sentiers battus, au cœur de l’Indonésie, la vraie.

 

Alors comme je crois en lui, je veux l’aider. Je veux l’aider à trouver l’argent nécessaire à son projet. Très vite, je me mets à travailler le matin sur ce projet. Il faut détailler le projet, imaginer le plan de la ferme, déterminer les couts. On travaille à a réalisation d’une vidéo de présentation du projet qu’on compte bien utiliser pour faire la promotion de la campagne de crouwdfundnig que nous allons créer.

La quoi ? Crouwdfnding comme recherche de fonds participatifs. Toi, moi, nous, vous, tout le monde peut décider de soutenir financièrement un projet comme celui là. On choisit la plate forme internet www.wethetrees.com. On lance la campagne le 2 février. Et le 2 avril on atteint l’objectif visé, soit 4500 euros. Victoire ! On utilise les réseaux sociaux, FB, pour parler du projet. C’était dur, très dur. Dur de voir le désintérêt quasi général. Ca me rend malade. Je ne peux pas comprendre notre égoïsme. C’est chacun pour sa gueule.

Sauf pour quelques-uns qui dessinent avec moi de nouvelles lignes. Ma famille, mes amis, ont été d’un si grand soutien.

Je me suis rarement sentie aussi utile dans ma vie. Je me sens l’âme d’un Robin des Bois. Comme si j’avais eu le pouvoir de mieux répartir les richesses. D’en ramener un peu là où il n’y en a pas tant.

Alors voilà, dans quelques temps, à Natal, il y aura quelques places pour vous accueillir. Attention, préparez-vous, la terre inconnue, ça fait « wouaouwwwww ». Elle s’appelle Saujana.

Natal, il a fallu que je te quitte. Je reviendrais. Je reviendrais passer du temps avec vous, Nayla, Aura, Arsat, Guilang, Dira, Adam, Irsat…. Je reviendrais faire du bateau avec Maulida. Je reviendrais aller à la pêche au crabe de rivière et de nuit. Je reviendrais visiter tes plages. Je reviendrais chanter an anglais avec les étudiants du lycée. Je reviendrais planter des peanuts dans le jardin. Je reviendrais manger du « lontong » au petit dej’. Chanter avec vos guitares toute la nuit. Je reviendrais…

 

Sibolga, dans mon cœur maintenant, il y a aussi toi

Sibolga, dans mon cœur maintenant, il y a aussi toi

Bye Medan, cap sur Natal. C’est là où je comte passer quelques semaines dans une ferme en permaculture en tant que volontaire.

Première escale : lac Toba au centre de Sumatra. 5h de route. 2 jours de sérénité, où j’ai troqué les klaxons contre un joli balcon et quelques escapades à scooter.

Depuis le lac, d’après la carte de l’ile, je devrais en avoir pour 8 heures à rejoindre Natal sur la côte ouest de l’ile.

Dimanche 15 janvier, c’est parti pour la route. Je me rends donc au port pour trouver un bus. L’unique agent local qui organise les voyages vient très vite me proposer ses services. « Alors Miss, pour aller à Natal, il va falloir changer de mini bus à Sibolga. 5h de route pour Sibolga. Ensuite de Sibolga, il doit rester 3h de route pour Natal ».

Let’s go ! Mini van en pas trop mauvais état avec à son volant un chauffeur pas trop crazy J

La route est belle. Plaines, rizières, villages et puis Sibolga. A ma grande surprise, cette petite ville est pas si mal. Bien plus agréable que Medan ! Rien à voir. Ca doit être une petite ville côtière prisée des locaux avec plages et noix de coco.

Destination atteinte. On arrive à la station de bus vers 16h. « Miss, miss, miss, where are you going ?? ». Très vite je comprends que le prochain bus pour Natal est le lendemain matin…

Well, c’est un signe ! Dans le bus en arrivant, j’ai aperçu un village de pêcheur dont les maisons sont construites sur pilotis. Je me trouve une chambre d’hôtel « grand luxe » à deux pas de la station de bus. Définition de « grand luxe » à 14 euros la nuit : chambre borgne, pas de douche, juste, comme souvent en Asie, un grand bac bétonné rempli d’eau avec un petit seau, pas de draps, trous de clopes ou de je sais pas quoi sur le matelas…

Je trouve un Beja (objet roulant non identifié, encore) dont le driver joue aussi le rôle de guide touristique. Qu’il est fier de balader la petite frenchie dans sa ville. Après de nombreux stop selfie, nous arrivons enfin dans le village de pêcheurs. D’étroits chemins bétonnés filent depuis la route principale en direction de l’océan. Encore une fois, je me retrouve sous les feux des projecteurs. 3, 2, 1, ça tourne ! Mon bodyguard m’ouvre la route. C’est comme emprunter les podiums d’un défilé de mode.

J’ai des yeux collés sur tout mon corps depuis 1 semaine. Je ne pensais pas pouvoir en supporter plus, mais ceux-là sont différents que ceux de la ville. 100% bienveillants.

Les yeux que j’ai collés dans le dos me permettent de voir les nombreuses têtes qui se faufilent dans l’embrasures des fenêtres sur mon passage. Leurs visages me disent « mais qu’est ce qu’elle fait là ?? »

En passant devant « le bar », je rencontre BapaAndré, unique villageois parlant anglais. Il m’invite à sa table, et très vite à celle de tout le village qui s’est invité ! Il m’explique que je suis la deuxième touriste à être venue se perdre ici. Il me parle de sa vie de pêcheur pas facile, avec un océan qui se vide de poissons. A côté de moi, le jeune « Albert » tente de baragouiner anglais. Il me demande en mariage en me proposant à manger et à boire. J’accepte sa main devant le coucher de soleil sur la jetée avec le village entier comme témoin J

J’ai pas envie de partir. BapaAndré m’invite à diner dans son humble demeure. Je rencontre son adorable femme, MamaAndré, et ses 3 enfants. L’unique morceau de poisson est pour moi… ça sera riz et pâtes lyophilisées pour eux. J’accepte leur générosité en tentant de partager, sans succès….

On parle, on rit, on se promet de se revoir. BapaAndré veut m’emmener en mer sur sa barque.

J’aurais été bien mieux ici, dans leur petite maison en bois sur pilotis, que dans ma chambre d’hôtel miteuse que j’ai dû finir par rejoindre.

J’ai du mal à trouver le sommeil. Je ne réalise pas vraiment tout ce qui vient de m’arriver.

Je sens que j’ai perdu un morceau de cœur, encore. Mais le vide, je l’ai comblé.

Sibolga, dans mon cœur maintenant, il y a aussi toi.

 

 

 

En terre inconnue, appelez-moi Miss!

En terre inconnue, appelez-moi Miss!

Parfois les plans changent. J’aime ça. C’est la surprise. C’est excitant. Surtout quand les mésaventures se succèdent et qu’à la fin tu te dis : ça valait la peine quand même…

Dans mon plan, il y a la découverte de fermes en permaculture via le volontariat. Quelques heures de travail par jour contre le gite et le couvert. Good deal ! L’Indonésie n’était pas sur l’itinéraire de Myterrehappy. Mais la lecture de quelques lignes en ligne peu tout changer. Un projet Sur l’ile de Sumatra. Je suis draguée par cette micro ferme en permaculture, son centre éducatif et le projet de développement d’un lieu d’éco-tourisme. Je suis séduite !

Et voilà comment Je me rends en Indonésie, mais loin, très loin de Bali (où j’irai un jour !) C’est donc un billet pour Medan, principale ville de Sumatra que je vais prendre.

Je quitte la Thaïlande le 9 janvier, le cœur gros comme ça… et là je ne sais pas encore que c’est le début de l’aventure en terre inconnue !

 

Arrivée à l’aéroport de Chiangmai. Jusque là tout va bien. Je fais la queue au guichet air asia. A mon tour. « ah mais non mademoiselle, ici c’est les vols domestiques. Les vols internationaux c’est là bas ». Merci ! Et on recommence !

Au bon guichet. « Avez-vous un billet pour sortir du territoire indonésien mademoiselle ? » Eh bien non. Disons que je ne sais pas encore où et quand je vais ressortir. Eh bien figurez vous que pour entrer en Indonésie il faut avoir réservé son billet de sortie !

Opération « help me my lovely smartphone ».

Solution la plus économique dans mon cas de grande incertitude, réservation d’un billet de ferry qui relie l’Indonésie, Balam, et Singapour. 26 dollards, Allez ! Et voilà comment j’ai enfin pu monter dans mon avion J

Et c’était vrai ! J’ai bien du montrer ma réservation de ferry au douanier qui a tamponné mon passeport à l’arrivée à Medan.

 

Première claque. Elle est à 31°C. Taux d’humidité au max.

Deuxième claque. « Miss, where are your from ? How are you ? where a you going ? »

Oaouww ouaouwww ! Qui me parle ?? tout le monde ! Je suis passée du statut de « quelqu’un » à « attraction » !

Eru, qui va m’accueillir dans sa micro ferme dans quelques jours m’avait prévenu : « you will be a rock star here ! »

C’est donc en tant que Rock star que je vais découvrir Medan, capitale de la région de Sumatra.

Alors, Medan, comment dire… c’est… chaud (trop !), ça sent pas bon (autant que ma chambre d’hotel sans fenêtre au parfum « brise rat crevé » (ok, j’exagère un peu… si peu…), c’est bruyant (m’avaient manqué les klaxons…). Premier jour à découvrir mon « quartier », je risque ma vie à chaque coin de rue. Ca file à vive allure. Pas de place pour les piétons ici. Et ça se voit. Pas de trottoir. Alors tu pries pour ne pas te faire faucher par un bus, un beja (c’est le tuc tuc local), un gros 4×4 ou encore un tas d’ORNI (objets roulants non identifiés).

Le contrepartie de cette ambiance pesante, la population me donne le sourire ! Je n’ai pas compté combien de poignées de main j’ai serré. « Hey miss, where are you from ? ».

On m’invite à jouer au domino sur le trottoir. On arrête les voitures pour me permettre de traverser les routes de la mort de la ville. Ca a l’air génial hein ?

Ouai, sauf qu’après 2 jours comme ça, t’en peu plus des poignées de main, des regards insistants, de répéter la même chose 1000 fois : « I’m from France ».

Et puis, je suis une fille qui voyage seule. Alors quand une fille qui voyage seule traverse « la rue aux milliards de regards » (oui c’est comme ça que je l’ai appelée…), elle feel pas super bien… Pour trouver des trottoirs ou des endroits pas trop suicidaires pour marcher, je cherche des rues plus petites. Voilà comment j’arrive dans le quartier des garages à scooters. Imaginez le décort : à gauche, à droite, se suivent des mini garages où jeunes gens exclusivement de la gente masculine, s’affairent à bricoler leur bécane depuis le trottoir (toujours pas de trottoir pour moi donc), clope au bec,  ils sont comme des milliards de cheminées à me regarder, à me fixer, à m’appeler « hey miss », encore et encore. Je dois m’avouer vaincue cette fois-ci. Je ne sais pas si je dois fuir leur regard, fuir tout court, sourire, ou pas, comment réagir. Je ne pense pas avoir ressenti un sentiment d’insécurité. C’est autre chose. Ce sont les regards qui te rappellent que tu es différente et que nos deux mondes ne se croisent pas souvent en vrai. Claquer des doigts et sentir le parfum d’ambiance « rat crevé » de ma chambre, c’est tout ce que je souhaite à ce moment là… Mais avant d’atteindre mon but, il me faudra traverser « la rue des ferrailleurs ». Une autre…Mais celle-là efface mon inconfort. Les sourires sont bienveillants. Ils appellent mon appareil photo. Ils prennent la pose et espèrent finir dans un « magasine in america ».  Sorry guys, vous finirez seulement sur le blog de Myterrehappy.

 

Après quelques mois de voyage, la voilà. La voilà ma terre inconnue. Première fois d’un sentiment de déséquilibre. De ne pas savoir comment faire, comment agir. Première fois très loin de partenaires de voyages. Parce que oui, j’ai beau chercher, j’ai beau regarder, à l’horizon, il n’y a que Miss Myterrehappy !

Suan Sati, j’ai tellement aimé ça

Suan Sati, j’ai tellement aimé ça

On devait être en train de manger une délicieuse green papaya salad avec marjo chez Boddhi tree coffee à Chiangai (allez-y c’est délicieux !) quand j’ai vu ce flyer au mur : « Yoga Meditation and permaculture retreat. Opening 2017. Chiangmai ».

Roh ! Quel recette intéressante ! Ni une, ni deux, j’envoie un mail à l’adresse indiquée.

C’est Will l’initiateur du projet qui me répond. L’endroit doit ouvrir pour les touristes en janvier. Mais d’ici là, il y a encore du travail. Alors, comme beaucoup d’endroit en Asie et partout dans le monde, il propose à des volontaires de les héberger et les nourrir en échange de quelques heures par jour de leur huile de coude.

Et voilà comment je découvre Suan Sati, the garden of mindfulness. J’y arrive le 28 novembre pour « je sais pas combien de temps ».

L’endroit est magnifique. Une allée bordée de fleurs, une grande maison en bois au fond de la propriété, quelques bungalows en bambous, une cuisine extérieure en bambou (amazing!!!), un jardin incroyable. J’aime l’endroit. Mais quel est le programme ?

5h30 : réveil par le gong de Suan Sati (C’est Will, chaque matin à la même heure qui sonne le gong. Ce son me manque aujourd’hui…)

6h-7h : méditation. Je découvre, j’apprends, c’est dur, mais ça fait du bien… croyez moi.

7h-8h30 : yoga. C’est Will qui « lead ».

8h30-9h30 : petit dej’ (de dingo !!)

10h-12h30 : job. Chacun sa tâche. Y’en a qui construise des douches en bambou, qui jardinent, qui nettoient la propriété qui était auparavant un dépotoir !, et y’en a qui cuisinent pour la petite communauté. J’ai eu la chance d’exercer ce job durant 2 semaines et quelle découverte! Je savais que j’aimais ça cuisiner, mais là bas c’était une redécouverte de moi même! Et une découverte Vegan!

12h30-14h30 : pause dej et relax time

14h30-17h30 : Job a little bit again

18h : diner tous ensemble

La première semaine, j’ai pris mes marques. Je me suis sentie un peu perdue dans ce réveil assez « froid » pour moi. Chacun est dans sa bulle. On se parle pas trop. Meditation time dans le calme. Ca sentait trop calme pour moi. Je sais pas… des repas dans le calme, j’aime pas trop ça non plus.

Et pourtant, la dizaine de volontaire est composée de gens vraiment extras !

Premières semaine, bilan. Le Yoga c’est pour moi! Je ressens la différence, pour du vrai.

Dans ce cas, allez pour une deuxième semaine… comme à la maison. J’ai mes repères. Je vis avec le soleil et avec l’énergie de tous ces gens ici. Tout est facile. J’ai le sentiment de me retrouver avec moi même.

Dans le quotidien, quand prend on vraiment le temps d’être juste avec soi même ? Le quotidien est une horloge qui nous donne des ordres à chaque minute, presque chaque seconde. Quand il n’y a pas de tâche spécifique à réaliser comme aller bosser, faire les courses, prendre l’apéro (plutôt qu’aller à la salle de sport), ou encore faire sa lessive (bah ouai, obligé quelques fois), en général on s’affale dans son canapé et après 1 seconde 12 on dort (avouez que c’est ça J).

Alors quand prend on le temps de se sentir dans son corps ? De prendre conscience qu’on en a un. De prendre conscience de comment il fonctionne. Oh, je respire. Ça fait quelle sensation de respirer ? AH tiens, je me rappelais pas que ça faisait ça de sentir l’air dans mon nez, mes poumons. Quand prend on le temps de juste avoir conscience qu’on existe.

Jamais, ou vraiment pas souvent.

Suan Sati, c’était 4 semaines pour apprendre beaucoup. Pas beaucoup en jardinage permacole comme je l’avais imaginé. Mais d’autres endroits à venir vont me permettre cela.

Là, c’ était le moment pour autre chose que j’ai laissé venir vers moi avec beaucoup de bonheur aujourd’hui.

Parce que oui, me retrouver avec moi-même, un peu, tous les matins, j’ai aimé ça. Sentir mon corps changer après 4 semaines de Yoga, sentir et voir de quoi il est capable, j’ai aimé ça.

Partager mon temps avec cette petite communauté qui a été comme une famille, j’ai aimé ça.

Un mois inspirant qui a imprimé ma conscience.

Je vais en parler de plus en plus dans les semaines à venir, mais la permaculture ce n’est pas juste de l’agriculture. C’est un « way of life »,

 

Alors si demain, vous voulez chercher un peu plus de conscience au cours d’un de vos voyage en Thaïlande, allez passer un peu de temps dans le jardin de Will, à Suan Sati, vous allez tellement aimer ça.

Suan Sati facebook  or website

 

 

 

Voyage entre copines

Voyage entre copines

En Thailande, y’avait un « Voyage entre copines » avec Marjorie Sittler

Mon voyage avec toi c’était une nuit à côté du pilote du bus VIP rien que pour toi, un petit dej’ retrouvailles avec des croissants, te filer des cachetons pour guérir ton estomac de padthai trop épicées (chili, le plus grand danger de la thailande ), faire un lever de soleil dans un temple trop calme avec un café au lait trop sucré comme celui de la machine à café du lycée, vivre Chiangmai pendant le festival des lanternes, commander une pizza et manger des pastas, partir en virée en scooter pour le nord ouest et se retrouver au sud ouest, manger des padthai sur le trottoir, masser tes jambes dans le mini bus trop plein par ce que t’as des fourmis, couper de l’herbe au bord de la route pour nourrir les buffalos, préparer ta mosquito net pour pas que t’ai peur des spiders à la ferme, revenir à Chiangmai par ce que quand même happy healing c’est pas si happy, avoir un vrai cours de cuisine Thai… avec une américaine folledingue, chercher la tranquillité du grand canyon et se retrouver parmi les bouées gonflables de fumeurs de hachich, plonger de 7,50mètres et ressortir avec un bleu-blanc-rouge imprimé sur la cuisse, partir en trek dans la jungle, me faire attaquer par des fourmis et aussi par un singe enragé ! (tout va bien, je suis vaccinée), glisser sur une pierre dans la rivière et briser mon téléphone, juste après que tu éclates ton ventre sur les rochers!
Je n’ai ici pas cité nos interminables cessions de papotages que j’aime tant. Refaire le monde avec toi, ici, là bas, c’est toujours avec joie. C’est ça le voyage entre copines!

L’histoire du bus VIP

L’histoire du bus VIP

L’histoire commence au Myanmar. C’est toujours une aventure que de passer une frontière par voie terrestre en Asie.
11 novembre 2016, Dawei, Myanmar, 8h. Il est l’heure de grimper dans le tuc tuc qu’on partage avec d’autres personnes de ma guesthouse pour rejoindre le centre-ville et la station de bus. Et évidemment, le tuc tuc tombe en panne ! Ha ! Le chauffeur finit par appeler un de ces collègues qui vient nous récupérer sur la route. Ils ont fait appeler la station de bus pour qu’il nous attente. AU final, comme on partira avec 1h de retard, la panne n’aurait pas été un gros problème. Ça c’est l’Asie… L’heure c’est pas vraiment l’heure.
Départ dans un mini van. Tu apprendras en Asie à toujours t’installer à l’avant, sauf si tu aimes te faire checker à l’arrière. N’oublie pas d’enlever dans ce cas les lunettes de soleil que tu as posé sur le haut de ton crane par ce que ce dernier va régulièrement s’encastrer dans le toit de ton char ! Vécu !
Bingo, cette fois ci, bonne place au premier rang. Et c’est parti pour 5h de route… euh non, de trail ! Chemin de terre et de cailloux et de nids de poules perdu entre la jungle et la rivière 50 mètres en contrebas. Autant vous dire que la vue est magnifique !
Destination Phu nam ron/Htee Khee(prononcer Tiens Ki) ça doit être le nom de la ville frontière, enfin c’est plutôt celui de ce no mans land.
Le bus nous dépose dans le dernier village de Birmanie où tout le monde descend. Passage au poste de frontière qu’on nous indique vaguement « c’est par là ». Clack, tampon de sortie du territoire !
La on se fait prendre par un pickup qui nous fait traverser plusieurs km de « on sais pas quoi ». Myanmar ? Thaïlande ? Tu sais pas trop où tu es.
Allez, tout le monde descend, encore. Douane Thaï ici. Remplis le formulaire et fais la queue pour avoir ton tampon. Check ! 60 jours admis sur le territoire.
On est 5 voyageurs avec nos backpack à se faire draguer par le chauffeur qui veut nous prendre 1500 bahts pour rejoindre Kanchanaburi… ON se dit « merde » quand même tout se fait payer ! ils nous prennent tout le temps pour des portes monnaie ambulants
On tente le stop. Tu parles, c’est bien connu que les touristes payent pour rejoindre la ville à 1h de route.
On trouvera quand même un type en pick up qui nous embarquera pour 1000 bahts.
C’est partit ! bon choix que d’avoir rejoint rapidement les routes thaïlandaise depuis le Myanmar, ça c’est des routes, des vraies!
A l’arrière du pickup, ma tête repose sur ma maison ambulante. J’ai un œil sur le ciel bleu, un œil sur le coucher de soleil, le visage au vent. Sentiment intense de liberté qui fait sourire mon corps entier…
18h, arrivée à Kanchanaburi, station de bus.
Mon plan est de rejoindre le ville de Chiangmai au nord du pays où m’attends ma copine Marjorie pour 15 jours ensemble Suis très excitée à l’idée de la retrouver « en avance ». Eh oui, je lui prépare une belle surprise. Elle ne m’attend que le 13. Mais je compte bien arriver le 12 au petit matin avec ce magnifique bus VIP qui me fait de l’œil en arrivant : il est marqué des inscriptions rose fluo « Kanchanaburi to Chiangmai » ! Bingo !!
Je fonce au guichet pour prendre mon billet. Deux départs ce soir. 19h et 19h30. 12h de bus de nuit, parfait !
Réponse de la guichetière : « fully booked tonight ! ». Mais non !, tu peux pas me dire ça !
Je me dit, naïve, que quand même, y’a bien quelqu’un qui va bien le rater son bus. Au culot, je me poste devant les portes des deux bus en partance en essayant d’expliquer aux hôtesses de bus (eh oui, ici ya des hôtesses) et au chauffeur qui ressemble à un pilote d’avion que j’attends de voir si une place se libère. Ils sourient en me voyant et doivent se dire « elle est marrante la p’tite westerngirl.
19h. le premier bus part… je commence à dépérir en me disant « shit, va falloir que je me paye un hôtel miteux ici et que je me tape les 12h de bus de jour… pouasse »
19h15, hôtesses et pilotes se causent en me regardant et finissent par me faire signe de venir voir. Lueur d’espoir ? L’hôtesse me montre les marches qui mènent au bus du genre « si tu veux on t’emmène mais tu t’installe ici »… oh lala, qu’est ce que je fais ??
Je me dit, au pire, j’ai mon sac de couchage que j’étalerai dans l’allée 🙂
Allez, bingo, j’embarque !
L’hôtesse m’installe d’abord dans un des fauteuil VIP du bus. Ahhh, les bus VIP en Thaïlande c’est quelque chose ! 3 sièges par rangée. 1 siège, le couloir et deux sièges. Ils s’allongent à l’horizontale ! Tu reçois un coca, une bouteille d’eau, des chips et des sablés. Une couverture pilou pilou ! et c’est parti pour un gros dodo ! A ce moment là je me dit, louche, je vais sans doute pas en profiter longtemps de ce siège, alors vite Leelou, endors toi !
Et j’avais vu juste : 21h, l’hôtesse vient me réveiller ? On vient de faire un arrêt pour récupérer quelqu’un… qui va évidemment prendre ma place. Et c’est là que je comprends le plan des marches. En rade de toute batterie durant ce périple, il va vous falloir imaginer la scène. Imaginez le siège du pilote qui ressemble, sans blague, à un cockpit d’A380, et à droite évidemment. A gauche c’est la porte pour monter dans le bus avec quelques marches à gravir et entre les deux une belle banquette en mousse de faux cuir noir. C’est l’endroit depuis lequel hôtesses et pilote N°2 se faufilent à l’arrière du siège du pilote pour dormir, comme dans un camion. Eh ben c’est sur cette banquette, position fœtus oblige, que je vais passer la nuit. Ça les fait tous marrer évidemment, et moi aussi ! Il sont adorables, me file un oreiller et une couverture. L’hôtesse me dit « sleep, sleep ». Eh bien figurez vous que j’ai « sleepé » super bien en plus ! Premier dodo de 21h à minuit. Pause pour diner. Padthai délicieuses compris dans le prix du billet en plus . EN repartant l‘hôtesse me dit « 2hours »… c’est quoi ? le prochain stop ?? eh bien non, c’est ma chance ! 2h plus tard, après un nouveau bon dodo, voilà un nouveau stop et des passagers qui descendent. Et voilà comment je vais finir ma nuit dans un super fauteuil VIP !
6h30 arrivée à Chiangmai.
Je chope un tuctuc avec une autre voyageuse qui m’emmène à la guesthouse ou Marjorie ne s’attend pas à me voir débarquer. Ma surprise va fonctionner!! Yeahh!
Il est 7h du mat’ quand je frappe à la porte de sa chambre et que je ressens tellement de plaisir à revoir ce visage familier. Parce que voyager seule, rencontrer de nouvelles personnes tous les jours ou presque, partager des choses incroyables avec des inconnus, c’est génial. Mais partager ses voyages avec les gens qu’on aime c’est différent. C’est comme de voyager dans un bus VIP.